Les Français ont exprimé leur rejet de la politique menée sans réelle différence depuis 30 ans par les « partis de gouvernement » de droite comme de gauche. Le premier parti de France, c’est l’abstention. L’accumulation de réformettes bancales et inachevées, de lois inapplicables et d’impôts nouveaux a enlisé notre pays dans un socialisme qui ne dit pas son nom. L’Etat omniprésent ponctionne 10 % du PIB de plus de dépenses publiques que les pays riches comparables. Comment alors tenir des promesses de pouvoir d’achat, de prospérité et de faible chômage ? Le mode de scrutin permet au PS et à l’UMP de maintenir leur domination du système dans son ensemble malgré l’effondrement de leur électorat.
L’absence de proportionnelle verrouille notre démocratie. Avec un score moyen de 19.2 % des suffrages dans les cantons où le FN se présentait, ce parti de contestation du système ne parvient à gagner que 2 sièges. Le FN n’est pas seul à proposer une alternative aux acteurs en place. Avec ses propositions à l’opposé de celles du FN, un jeune parti comme le Parti Libéral Démocrate parvient à des scores consistants, comme 11 % dans un canton de Créteil. Mais la démocratie apparaît une fois de plus confisquée par les partis au pouvoir, qui s’assurent en plus chaque année des financements publics considérables. A la veille d’une grave crise financière, cette exclusion organisée de nouveaux acteurs est porteuse de dangers pour notre république.
Les média ont mis le FN au ban des informations pendant 20 ans. Aujourd’hui, ils invitent Marine Le Pen sur tous les plateaux. Résultat, le tempo du débat politique est dicté par la nouvelle présidente du FN. Existe-t-il un seul pays qui ait mis en place le programme du FN avec succès ? Nous pensons nécessaire d’affronter les préjugés du FN par les explications et non le déni, sauf à courir à la catastrophe en laissant l’UMP et le PS courir à la traîne. Dans l’intérêt de la démocratie, il est essentiel de respecter la pluralité des opinions et de permettre à notre parti de défendre la préservation des libertés essentielles, économiques et sociales.
Pour toutes ces raisons, nous appelons à l’instauration rapide de la proportionnelle et à l’abolition de tout financement public des partis afin de rendre un peu de sa légitimité à la démocratie.